Industrieuse, dérobe-fleur, mignarde, suçotante ou aiguillonnante figuraient parmi les épithètes que recensait Maurice de La Porte en 1571 pour qualifier l'abeille, dans un ouvrage qui fit époque. Quelque deux cent trente années plus tard, Bonaparte devenu Napoléon Ier parsèmera ses armoiries d'
abeilles d'or. " Ainsi a-t-on dit quelquefois
les abeilles pour l'Empire ", écrira Émile Littré dans le courant du XIXe siècle. Plus tard encore, en 1901,
Maurice Maeterlinck écrira, avec un lyrisme flamboyant, que les abeilles "sont l'âme de l'été, l'horloge des minutes d'abondance, l'aile diligente des parfums qui s'élancent, l'intelligence des rayons qui planent, le murmure des clartés qui tressaillent, le chant de l'atmosphère qui s'étire et se repose".
Quant au miel, qu'il soit l'instrument d'un atroce supplice (le cyphonisme) ou bien qu'il soit subtil, suave, profitable, rosineux ou plus simplement délicieux, il a également charrié derrière lui les croyances, les savoirs et les représentations des époques successives.
L'ouvrage, en proverbes, dictons, expressions et citations abonde, et les illustrations y sont légion.
Frédéric Tiphagne est traducteur de l’anglais, de l’espagnol et du néerlandais, et chargé d’enseignement à l’institut universitaire de technologie du Havre. Épris de mots, passionné de langues et féru d’étymologie, il est un utilisateur boulimique de dictionnaires.